Partager l'article ! le prix de Bridget ......ou l'école est finie: ...
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Cette histoire nous ramème quelques années en arrière... oui au temps de l'école ! Je feuillette ce livre chargé de merveilleux souvenirs... ceux de Bridget... ma petite copine me reviennent en mémoire. Il faut dire que nous étions plus agées et que plusieurs cours se faisaient dans la même classe. Ma jeune soeur Myrtille était avec Bridget... je croisais souvent son papa sur le chemin de l'école. Se retrouvant seul un jour... je lui ai sauté dans les "papattes"... il portait ce jour là un joli maillot jaune... je l'ai baptisé... poussin... la suite vous la connaissez tous !!! - Bridget de Montfrin, vous me copierez les six premiers temps du verbe : Je ne sais pas ma leçon.
Bridget de Montfrin, une fillette d'une huitaine d'année, baissa la tête en balbutiant une vague protestation. L'instituteur la foudroya d'un regard : - Allez à votre place, vous êtes une crétine.
Sur cette affirmation péremptoire de crétinisme, la pauvrette n'insista pas. Elle regagna son banc. La leçon continua ; débit monotone des élèves récitant un lambeau de fable, coupé d'éclats de voix de l'instituteur reprenant ou admonestant les mémoires défaillantes. Bridget écoutait de toutes ses oreilles ; elle savait cependant sa fable. Par quel étrange mystère était-elle donc restée bouche bée tout à l'heure ???
La peur ???... Oh ! Oui... c'était cela... la peur de Monsieur Lechat, son maître. Pour mieux se convaincre de son savoir, à mi-voix elle se mit à réciter sa leçon, pour elle... pour elle toute seule. A cet instant l'instituteur vint à porter les yeux sur elle. Il vit le mouvement de lèvres de la petite. - Bridget de Montfrin, vous me copierez les quatre premier temps du verbe : Je cause en classe au lieu d'écouter la leçon. - Je ne cause pas "hasarda" timidement la pauvrette.
D'un coup Monsieur Lechat bondit. - Comment ! Vous ne causez pas ! C'est un peu fort cela. Ah ! vous ne causez pas ! Vous mériteriez que je vous donne en supplément de verbe : Je mens à mon maître.
Il hésita quelques secondes afin de savoir s'il transformerait en réalité cette menace suspendue sur la tête de la petite. Cependant, jugeant que la grammaire devait se montrer satisfaite par les dix temps précédents, il passa outre. - Allez au mur.
............................................................................................. ............................................................................................. Au lieu de vous narrez les menus détails de la leçon, chose qui ne pourrait vous intéresser que médiocrement, je préfère ouvrir là une parenthèse. Bridget de Montfrin était-elle une crétine, ainsi que l'affirmait tout à l'heure Monsieur Lechat ??? Vu la façon peu brillante, je l'avoue, avec laquelle vous venez de faire connaissance avec la fillette, vous seriez tentez de le croire. Mais moi qui la connais, je réponds : Non. Seulement - oh c'est délicat à dire - Monsieur Lechat nourrissait à l'égard de la famille de Montfrin, des sentiments qui n'avaient rien d'amicaux et dont il ne nous appartient pas de chercher la genèse.
Cette antipathie générale s'était - par un fait tout naturel - je ne dis pas "juste" concentrée entièrement sur la tête de Bridget de Montfrin qui, pour l'instituteur, incarnait la famille aborrhée.
Evidemment, en cette occurence, la conduite de Monsieur Lechat n'était pas sans reproche, mais, que voulez-vous, l'être humain n'est pas parfait, il a ses faiblesses, et Monsieur Lechat avait le tort d'être humain. Il arrivait ainsi que, plus souvent à tort qu'à raison, la petite encourait les rigueurs de son terrible maître, et ce dernier inspirait une telle crainte à la pauvre Bridget, que la petite en arrivait à présent - sachant convenablement ses leçons - à n'en plus pouvoir décrocher un seul mot dès qu'elle se trouvait en présence de l'instituteur.
De ce brillant résultat, Monsieur Lechat se félicitait intérieurement car il lui permettait de sévir sans trop de partialité. Sa conscience s'en trouvait alors plus tranquille. Il ne punissait plus aussi souvent sans raison. Puisque nous sommes maintenant au courant des causes secrètes de ces "pensums" répétés, revenons, si vous le voulez bien, à Bridget de Montfrin toujours au pied du mur.
........................................................................................... ........................................................................................... La leçon terminée : les livres et les cahiers remis en place, Monsieur Lechat promène sur ses élèves un regard qui, mieux qu'un ordre, ramène le silence. - C'est aujourd'hui la dernière journée de classe, pour ainsi dire, puisque dans quelques jours nous entrerons dans la période des vacances. Vous allez, mes chers enfants, pouvoir vous reposer, deux longs mois.
Cependant, n'oubliez pas vos devoirs. Ne restez pas sans travailler. L'esprit, comme le métal, se rouille dans l'inaction. Dans quatre jours la distribution des prix nous réunira une dernière fois. A cette cérémonie, les bons élèves verront leurs peines récompensées. De superbes volumes, des éloges flatteurs seront le tribut de leur persévèrance à l'étude. Seuls les mauvais élèves, les ignares, s'en iront les mains vides, et ce sera le juste châtiment de leur paresse. Ah ! les infortunés parents de ces élèves n'auront certes pas lieu d'être enchantés de la conduite de leurs enfants.
Un chagrin, une déception, voilà ce que ces mauvais enfants rapporteront comme récompense aux sacrifices que ce sont imposés leurs parents. Que cela soit une leçon salutaire pour ces ignorants et que, l'an prochain, voit le goût de l'étude remplacer la paresse dont ils ont fait preuve. Bridget de Montfrin n'a pas bougé. Elle sait ce que parler veut dire. Elle sait aussi qu'elle n'aura pas de prix, pas le moindre petit livre, si modeste soit-il. Elle sait aussi que son papa aura du chagrin, un bien gros chagrin et cependant, en son âme d'enfant une voix lui dit :
tu n'as pas mérité cette humiliation suprême. Non : la petite Bridget ne l'a pas mérité. Jusqu'au dernier moment elle a eu une sorte de demi-espérance, mais tout à l'heure Monsieur Lechat l'a regardé avec un tel œil en parlant des ignares que la pauvre ne peut plus avoir aucun doute. Son coeur se serre soudain. De grosses larmes roulent sur ses joues. L'instituteur a vu ces larmes silencieuses et, malgré lui cette muette douleur l'a frappé.
il se sent à l'âme comme un vague malaise et, pour la première fois peut être, sa conscience parle en lui : - : Tu es méchant, tu es injuste. Tu frappes lâchement une enfant, et tu le frappes d'autant plus lâchement que c'est à son coeur que tu portes un coup. Tu le sais bien ! Oh ! ne nie pas que la pauvrette n'est pas plus ignare qu'une autre. Elle est ce que ta méchanceté a voulu qu'elle devienne. Toi tu pars heureux. Ta vengeance s'est accomplie ; mais durant ces deux grands mois es-tu sûr d'être parfaitement joyeux, parfaitement content de toi ??? Ces larmes brûlantes que tu viens de faire si injustement couler ne viendront-elles pas, comme un remords, hanter ta pensée dans tes plus purs moments de joie ??? C'est toujours aux heures de bonheur que l'âme est accessible à la justice, à la pitié. Monsieur Lechat est en proie à un bizarre sentiment., il a honte de sa basse vengeance. La petite Bridget a regagné sa place et range ses affaires. De gros sanglots semblent encore gonfler sa poitrine. Monsieur Lechat frappe trois fois dans ses mains. C'est le signal du départ. Dans une légère bousculade les élèves sortent de leurs bancs, s'alignent dans les allées. Un frappement des mains et les colonnes s'ébranlent. Bridget de Montfrin est la dernière. Tête basse elle suit les élèves. L'instituteur n'a pas bougé. Quand la petite arrive à sa hauteur il lui fait signe d'approcher. Craintivement la pauvrette obéit : que va t'il donc lui échoir de pire ??? Les derniers écoliers sont partis. La salle est vide. Bridget reste là sans oser remuer. - : Approche. Tu savais ta leçon m'as- tu dit ??? - : Oui, Monsieur. - : Voyons ma petite, n'aie pas peur de moi. Récite ta fable. Tiens tourne moi le dos. Là : ne t'intimide pas. Bridget respire un gros coup et, pleine d'un courage désespéré récite d'un trait sa leçon.
- : Retourne toi. C'est très bien... Pourquoi n'as-tu pas récité comme cela tout à l'heure ??? - : ........... - : Tu as peur de moi ??? Un "oui" à peine perceptible lui répond. Monsieur Lechat s'est assis sur le banc. Il sort un carnet de sa poche, y inscrit quelque chose ! - : Jeudi tu viendras à la distribution des prix, tu entends ??? - : oui, Monsieur. - : Allons petite, et il lui frappe amicalement la joue, à jeudi. ......................................................................................... .........................................................................................
Le jeudi suivant, dans la salle de la mairie, décorée pour la circonstance, Bridget de Montfrin, timide et effaçée assistait à la remise solennelle des prix. Un à un les beaux volumes entassés sur la grande table s'en allaient aux mains des écoliers joyeux qui, rouges de plaisir descendaient de l'estrade avec des airs de triomphe.
Bientôt il ne restera plus qu'un livre ; Oh ! mais un livre énorme, doré, superbe, presque aussi gros que le prix d'honneur. la petite Bridget sentit son coeur se serrer. il n'y avait plus de livre sur la table. Tant qu'elle avait vu des petits volumes elle avait espéré. Maintenant c'était fini. " PRIX D'ENCOURAGEMENT SPECIAL" offert par Monsieur Lechat décerné à l'élève Bridget de Montfrin. La petite Bidget restait clouée sur place. Elève Bridget de Montfrin répéta la Directrice, Monsieur de Montfrin poussa sa fille : Voyons, Bridget... va donc !
Quand la petite revint, portant dans ses mains qui tremblaient, l'énorme volume reluisant d'or, elle vit, à travers ses larmes de joie, son père qui - furtivement - s'essuyait les yeux.
Quelle belle journée dans le Gard...
vive la petite Bridget de Montfrin !
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( une pensée pour Michael Jackson...1 an déja)
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